Les Dangers du Milieu

Cette catégorie regroupe des accidents qui ne sont pas spécifiques à la plongée sous-marine ; le plongeur y est exposé comme un simple nageur ou apnéiste du fait qu'il n'est pas un poisson et qu'il assouvit sa passion dans un environnement naturel qui n'est pas le sien.

L'apnée

Elle peut se définir comme des incursions sous-marines en arrêt respiratoire controlé. La pratique de l'apnée, pour agréable qu'elle soit, peut être dangereuse si l'on n'observe pas un minimum de prudence, d'autant plus nécessaire que l'on descend longtemps et/ou profond.

Les accidents d'apnée sont souvent imprévisibles, ils peuvent être très graves et conduire à une noyade.

RAPPELS

Les variations de pression s'exercent sur un apnéiste comme sur un plongeur ; y compris sur ses poumons, ses oreilles, son masque.

Les barotraumatismes sont donc possibles, sauf la surpression pulmonaire.

Par contre un plongeur ne doit jamais donner d'air à un apnéiste ; en effet ce dernier en respirant de l'air à la pression ambiante se retrouve dans la même situation que le plongeur : il risque alors une surpression pulmonaire d'autant plus sûre et certaine qu'il n'aura pas le réflexe d'expirer en remontant.

Le réflexe inspiratoire est contrôlé par notre système nerveux (bulbe rachidien) ; il est déclenché par un excès de gaz carbonique (CO2) et non par le manque d'oxygène (O2).

La limite basse de pression/tension partielle d'O2 tolérée par notre organisme est de 0.17 bars (hypoxie) ; en dessous de 0.12 bars, on parle d'anoxie.

Hyperventilation = ventilation forcée par augmentation du débit sur plusieurs cycles respiratoires

Syncope = perte de connaissance, avec ou sans arrêt respiratoire

Syncope anoxique = syncope causée par manque d'oxygène.

CAUSES ET MECANISMES

Mécanisme de base : l'hypercapnie

Notre corps utilise de l'O2 (fourni par l'inspiration) et rejette du CO2 (par l'expiration) en permanence en apnée, l'O2 n'est plus renouvelé et le CO2 s'accumule dans les poumons -> la pression partielle d'O2 diminue et celle de CO2 augmente. Le besoin d'inspirer se fait sentir quand la pression partielle de CO2 dépasse un seuil critique.

Si l'on est encore immergé quand ce besoin devient incontrôlable (inspiration réflexe), l'eau inonde les voies aériennes, y compris les poumons.

La syncope anoxique

Si on atteint le seuil de l'hypoxie avant le seuil d'excès de gaz carbonique, on risque une syncope anoxique sans l'avoir sentie venir puisqu'aucune alerte n'a été déclenchée.

Pendant la descente, la pression partielle d'O2 augmente avec la pression ambiante -> la diffusion d'O2 dans les tissus de l'organisme est accélérée -> sensation de confort et de bien-être au début de l'apnée.

A la remontée, ce phénomène s'inverse, de plus on a consommé de l'O2 pendant toute l'apnée: la tension d'O2 dans le sang peut décroître brusquement au-dessous du seuil d'hypoxie, d'où risque de syncope important.

Le risque s'accroît fortement si on pratique mal l'hyperventilation : celle-ci a pour effet d'abaisser le taux de CO2 dans nos poumons, ce qui va retarder l'alerte, sans pour autant véritablement suroxygéner ; le risque d'anoxie sans alerte est donc accru.

SYMPTOMES

Il n'y en a pas pour la syncope : elle survient sans prévenir, c'est ce qui la rend aussi dangereuse.

TRAITEMENT

La perte de connaissance n'est pas si dangereuse en soi, c'est le risque de noyade qui en est la conséquence directe qui l'est. cf chapitre Noyade.

PREVENTION

Comme pour la plongée, maintenir une bonne condition physique et éviter les abus de tabac et d'alcool; ceci étant, la syncope peut toucher même des personnes entraînées et au mieux de leur forme.

Eviter toute hyperventilation ; pour la préparation, privilégiez plutôt une respiration ventrale ample.

En mer comme en piscine, ne pas pratiquer seul et choisir des partenaires de même niveau ; ils doivent être capables de descendre vous chercher en cas de problème.

Pour la même raison, alternez vos apnées avec celles de vos partenaires ; les apnéistes en surface devant surveiller ceux qui plongent.

Reposez-vous suffisamment en surface entre chaque apnée.

L'OEDEME DU POUMON (information pour mémoire)

C'est un accident exceptionnel, qui ne peut survenir qu'à des profondeurs importantes (+ de 25 à 30 m théoriquement), quand le volume des poumons du fait de la pression, devient inférieur au volume d'air résiduel qu'ils contiennent. Dans la pratique, les apnéistes profonds dépassent ces limites sans conséquences, grâce semble-t-il à une adaptation physiologique (afflux de sang dans les poumons).

L'ACCIDENT DE DECOMPRESION ET L'APNEE

Pour mémoire, les accidents de décompression sont possibles en apnée, mais ils restent très rares et ne concernent que les apnéistes qui réalisent des immersions longues et profondes, et à répétition ; par exemple, pêcheurs de perles ou chasseurs sous-marins profonds (+ de 25 m).

Par contre, évitez les apnées prolongées après une plongée : d'une part, vous recomprimez par l'immersion les micro-bulles que votre organisme s'efforce d'éliminer ; certaines peuvent repasser dans la circulation sanguine sans être filtrées par les poumons, et causer un accident de décompression. D'autre part, le fait de ne pas respirer perturbe les échanges gazeux nécessaires à une bonne désaturation, avec potentiellement la même conséquence.

CONCLUSION

Ne vous privez pas de la pratique fort agréable de l'apnée, mais observez la plus grande prudence. Respectez notamment les quelques conseils ci-dessus.

La Noyade

C'est une asphyxie aiguë par submersion, qu'il y ait ou non inondation des voies aériennes ; 10% des noyés n'ont en effet pas d'eau dans les poumons. Plus de 50% des noyades sont suivies d'un décès.

CAUSES

Il y a essentiellement 2 types de causes

Noyade primaire : inspiration d'eau en étant conscient, à cause par exemple :

d'un rejet du détendeur en plongée suite à une panique, un essoufflement, une panne d'air, une narcose…(peu fréquent),

d'un problème de matériel (rare de nos jours),

d'une hypercapnie en apnée,

de l'épuisement (simple nageur = cas le plus fréquent), etc…

Noyade secondaire : consécutive à la reprise inspiratoire après une syncope (syncope anoxique en apnée, syncope traumatique, choc thermo-différentiel, syncope cardio-respiratoire, infarctus, crise de spasmophilie ou d'epilepsie, etc…)

MECANISME

Ici aussi 2 types de noyade :

Sans inondation des voies aériennes (10% des cas): se produit suite à un spasme qui bloque les voies respiratoires. L'air ne pénètre plus -> mort par anoxie.

Avec inondation des voies aériennes : la pénétration du liquide dans les bronches et les alvéoles empêche l'hématose -> anoxie, de plus il entraîne des lésions graves (notamment lavage du surfactant ® œdème) ; celles-ci sont plus importantes si l'eau est chlorée.

SYMPTOMES

Présence de spume (mélange de sang et d'eau de mer).

Perte de connaissance.

Arrêt respiratoire.

Arrêt circulatoire.

Pâleur.

Abaissement de la température centrale.

TRAITEMENT

Il doit être rapide : les chances de récupération sont de 95% après 1 mn, 3% seulement après 8 mn.

Le cerveau subit des lésions souvent irréversibles au bout de 3 mn sans oxygène.

Sortir l'accidenté de l'eau le plus vite possible.

Maintenir les voies aériennes hors de l'eau pendant le trajet en surface.

Prévenir les secours.

Appliquer les techniques de secourisme classiques, en particulier, insufflations d'oxygène normobare (15 l/mn), ne pas réchauffer l'accidenté (le froid protège le cerveau de l'anoxie).

En plongée, la noyade peut être compliquée par un accident de décompression ; traiter en priorité la noyade, mais l'essentiel du traitement est le même (techniques de secourisme, oxygénothérapie).

PREVENTION ET CONCLUSION

Maintenir une bonne condition physique (on ne le répétera jamais assez).

Acquérir et développer par un entraînement et une pratique réguliers, l'aisance dans l'eau et la technique individuelle, qu'il s'agisse de plongée, d'apnée ou plus simplement de natation…(ça aussi, on ne le répétera jamais assez).

L'environnement marin

LES VAGUES

Attention à la mise à l'eau et à la remontée sur le bateau ; attention à la profondeur du palier.

LE COURANT

Sauf plongées à la dérive, toujours descendre et remonter le long du bout.

L'EAU TROUBLE

Attention à l'orientation, rester groupés, utiliser éclairage et signaux lumineux.

LES GROTTES ET LES TUNNELS

Pas d'accès direct à la surface ; si l'endroit vous est inconnu, rester en visibilité de la sortie ou utiliser un dévidoir, éclairer ; attention aux sédiments ; attention la plongée spéléo requiert une formation spécifique !

LES EPAVES

Idem ci-dessus ; attention aux coupures.

LES LIGNES ET LES FILETS

Si vous êtes pris surtout ne pas bouger : attendre que votre équipier vous dégage.

LES BATEAUX EN SURFACE

Tour d'horizon obligatoire avant de faire surface ; utiliser un parachute si palier en pleine eau.

Les Animaux marins

LES BRULURES

Causées par des animaux urticants : méduses, anémones, corail de feu, vers de feu…

LES MORSURES

Par exemple, congres, murènes ou poulpes ; quelques espèces de requins (très rare en plongée)

LES PIQÛRES

Causées par de nombreuses espèces : oursins, raies pastenagues, certaines étoiles de mer, rascasses, vives, poissons-pierre, poissons-lion, cônes.

Attention, certaines espèces sont très dangereuses (poisson-pierre, cônes…)

TRAITEMENT

Retirer les épines (piqûres), laver et désinfecter la plaie, utiliser de l'eau très chaude pour dénaturer le venin (piqûres), consulter un médecin ou hospitaliser dans les cas extrêmes

PREVENTION ET CONCLUSION

les animaux marins n'agressent pas les plongeurs : ils ne font que se défendre. La meilleure prévention est donc de ne pas les toucher, ni les déranger.

Respectez la mer et ses habitants, ils vous respecteront.